Les élections municipales.

Article entier ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/bora-yilmaz/070913/quelques-reflexions-sur-la-gauche-et-le-front-de-gauche

J’en ai sorti ce paragraphe, en écho à la grande assemblée citoyenne élargie – plus de cent personnes – que nous avons organisée le 4 Septembre. Toutes ces questions sur les « accords » ou non en vue des municipales ont été un peu abordées, mais le temps nous a manqué pour approfondir le sujet.

Nous étions là surtout pour réagir sur la prochaine réforme des retraites, et les sujets « chauds » n’ont certes pas manqué. 

Je vous laisse analyser l’article. N’hésitez pas à commenter. 

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Force est de constater ces derniers mois que le Front de Gauche est très divisé, et donc paralysé, par la question des prochaines élections municipales, qui cristallisent les débats traversant la gauche.

 

Quand on y pense sérieusement, ces élections ne sont pas grand chose à côté de la gravité de la situation générale et quand on sait les faibles marges de manœuvre des collectivités territoriales dans la crise. Néanmoins, elles représentent une échéance importante. Parce qu’elles posent la question des politiques d’austérité. Parce qu’il en va de l’implantation du FDG et  de la capacité de ses élus à faire avancer les choses sur des questions proches des préoccupations quotidiennes. Et parce qu’elles seront l’expression du rapport de force politique réel, près de deux ans – sans élections – après la séquence de 2012. Sans nier l’importance des enjeux locaux, qui font également l’objet d’orientations divergentes au sein de la gauche, la campagne et les résultats seront marqués par la situation générale autant qu’ils la marqueront. Si la droite radicalisée et l’extrême-droite sortent renforcées des élections de mars 2014, cela sera bien sur un signe supplémentaire de la faillite de la politique gouvernementale, mais cela contribuera surtout à une dégradation du rapport de force social et politique, encourageant ainsi de nouvelles offensives du capital, et de nouvelles défaites.

 

L’union de toute la gauche est-elle souhaitable aux municipales ? À la sauce Harlem Désir, sans parler du contenu de ce que pourrait et devrait être une politique municipale de gauche dans la crise, certainement pas. Mais pourquoi ne pas affirmer que nous sommes favorable au rassemblement de toute la gauche autour d’une plate-forme politique pour gagner des municipalités qui protègent les populations de la crise, qui se confrontent aux politiques d’austérité qui amputent les collectivités de leurs maigres capacités d’action ? Le Front de gauche doit aborder l’échéance avec un profil offensif sur cette question, au risque de passer pour une force qui se replie sur son petit espace politique, avec pour seule préoccupation la gestion de son capital politique.

 

L’union de la gauche est-elle possible aux municipales ? Dans la mesure où les ténors socialistes jouent leurs cartes dans un dispositif dont on a vu qu’il reposait en grande partie sur des ancrages locaux, il paraît compliqué d’obtenir de quelque responsable local du PS qu’il mène avec nous une campagne assumant la confrontation avec la politique gouvernementale. Il ne faut pas se mentir sur ce point. Donc si l’union est sans doute possible dans des configurations locales particulières, elle semble compromise si on cherche à la construire sur des contenus, tant les responsables socialistes vont chercher à dépolitiser les enjeux locaux et rendre très discret leur soutien au gouvernement. La très forte dimension nationale va justement les pousser à surjouer les enjeux locaux, en particulier dans les grandes villes, quand la métropolisation est mise à l’ordre du jour par l’Acte III de la décentralisation. Mais si les alliances de 1er tour semblent compliquées sur des contenus, encore faut-il en faire la démonstration à une échelle de masse, là où les aspirations au rassemblement sont fortes. Il serait catastrophique pour le FDG de porter la responsabilité de la division de la gauche, comme les dirigeants du PS cherchent précisément à l’y pousser.

 

Alors que faire ? Là encore, la réponse n’a rien d’évidente. L’affirmation a priori de listes autonomes comme une position de principe n’est pas très opérante pour enclencher des dynamiques qui nous dépassent et nous surpassent. Pas plus que la position inverse qui appelle au rassemblement de toute la gauche sans parler des contenus. Partout, le Front de gauche doit se donner les moyens de susciter discussions et débats avec l’ensemble des forces de gauche, avec les forces du mouvement social, avec les citoyens. Nous devons apparaître comme des farouches partisans du rassemblement de la gauche et du mouvement social, tout en étant exigeants sur les contenus. Aller discuter avec le PS ou EELV à froid, sans provoquer de débats publics sur les contenus, jouera en notre défaveur, nous discréditera. Et si la seule question du nombre d’élu à conserver ou à gagner nous préoccupe, nous n’aurons dans ces conditions que les miettes que le PS consentira à laisser tomber de la table. Là où ces discussions et ces débats ne débouchent pas sur la constitution de listes de rassemblement de toute la gauche, ce qui est probable dans les grandes villes, le FDG doit engager sur ce profil la constitution de listes au premier tour, et s’engager au rassemblement de toute la gauche au deuxième, pour battre la droite et l’extrême-droite. Cette voie permet à la fois de conquérir des élus dans les conseils municipaux et communautaires, un objectif qui ne saurait être négligé, et de faire progresser les batailles sur les contenus politiques.

 

Organiser le sursaut à gauche !

 

D’ici là, gardons en tête – froide – que la lutte des classes n’est pas suspendue aux élections municipales de mars 2014 et que la responsabilité du Front de gauche est grande à un moment ou le gouvernement s’apprête de nouveau à céder aux injonctions du patronat sur la question des retraites, fragilisant ainsi tous les combats de celles et ceux qui résistent à l’austérité. Nous avons des tâches ici et maintenant.

 

Dans la rue comme dans les urnes, il nous faut trouver les mots pour formuler et affirmer une orientation politique pour l’ensemble de la gauche, une orientation susceptible de donner des perspectives aux mobilisations sociales, qui donne à la fois confiance aux militants déjà mobilisés et l’envie de se mobiliser aux secteurs résignés de la société. Voilà la responsabilité du Front de gauche, à l’heure où s’annonce une confrontation difficile sur la question des retraites. Cela n’a rien d’évident quand les conditions d’existence du plus grand nombre se dégradent au quotidien, quand on connaît les difficultés objectives que rencontrent les équipes syndicales pour mobiliser leurs collègues de travail. Mais il faut essayer de s’en donner les moyens. L’unité du FDG est en ce sens un ingrédient indispensable.

Bora Yilmaz

Gauche Unitaire

Nancy, le 6 septembre 2013

 

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